A propos

Je suis Sébastien Vigouroux, je pratique la photo depuis une dizaine d’année.

En 2016, je traverse un burn-out qui marque la naissance de mon chemin photographique.

Mon ami JJB me propose alors de l’accompagner pour une sortie de photo animalière. Je m’en rappelle comme si c’était hier : à Vassieux, mon premier chevreuil. Une véritable révélation.

Pendant un an et demi, nous arpentons le Vercors deux fois par semaine pour capter des moments de vie. En parallèle, je me nourris de lectures sur les techniques de prise de vue, mais aussi sur la compréhension du monde animal.

En 2020, mon père apprend qu’il est atteint d’un cancer. En froid avec lui, je me tourne vers le ciel étoilé : je commence à photographier la voie lactée tout en explorant de nouvelles techniques de prise de vue et de post-traitement.

Début 2026, après avoir découvert la photographie de rue en noir et blanc — que j’apprécie tout particulièrement —, un nouvel événement professionnel me fait comprendre que mon métier d’éducateur n’est plus tenable dans ces conditions. La question du changement de voie se pose alors, et je me tourne naturellement vers la photo.

Mais que faire ? Je ne veux laisser de côté aucun domaine photographique. J’aime trop ça et cela me nourrit.

Début octobre, je pars dix jours dans les Abruzzes. Peu importe le temps qu’il fait, je me sens pleinement vivant dehors.

Fin octobre, j’accompagne professionnellement un séjour trek dans le désert.

Au milieu de quatorze participants, nous arpentons seuls, dans le silence du désert et de notre intériorité, cette immensité. Le premier jour, j’apprends une nouvelle extérieure qui vole en éclats l’énorme carapace que j’avais construite. Je traverse des émotions très fortes et m’aperçois que le désert me traverse en retour. Il vient chercher les souffrances les plus enfouies. Les larmes coulent et me soulagent.

Dans l’avion du retour, beaucoup de choses s’éclairent. Je suis sensible, et j’accepte enfin de vivre avec cette part de moi au lieu de la cacher. C’est une force, et non une faiblesse.

Au réveil de ce voyage, je comprends que je ne veux plus simplement faire de la photo de portrait comme avant. J’ai besoin de sens. Je souhaite accompagner les gens dans leur sensibilité, les inviter à se mettre à nu — dans leurs émotions et leur vérité — pour mieux capturer leur âme.

Les participants de ce séjour m’ont appris une chose essentielle : nous sommes tous différents. Chercher à comprendre l’autre est vain si cela ne passe pas d’abord par la compréhension de soi. Je ne prétends pas deviner qui vous êtes ; j’accueille simplement vos différences avec la joie de vous rencontrer et de me rencontrer à travers votre regard.

Je tiens, pour conclure, à remercier toutes les personnes qui ont jalonné mon chemin, et tout particulièrement une : ma femme. Contre vents et marées, elle est restée à mes côtés, tel un phare dans mon obscurité. Sans elle, je ne serais pas là aujourd’hui, et je tiens à lui témoigner ma reconnaissance éternelle.

Bill Brandt : « Cela fait partie du travail du photographe de voir plus intensément que la plupart des gens. Il doit avoir et garder en lui quelque chose de la réceptivité de l’enfant qui regarde le monde pour la première fois ou du voyageur qui pénètre dans un pays étrange. »

Retour en haut